Géométries Sud : Du Mexique à la Terre de Feu par S. Cabrejos

Géométries Sud : Du Mexique à la Terre de Feu par S. Cabrejos

8 mars 2019 Non Par admin

Pendant quatre mois, et plus de 90000 visiteurs, la Fondation Cartier sur son site du boulevard Raspail, a accueilli l’exposition Géométries Sud : du Mexique à la Terre de Feu.

Comme son nom l’indique, cette exposition nous montre la colonne vertébrale de la présence des figures géométries dans tous ses états chez les artistes présents à cette magnifique présentation. Exposées sur trois étages, nous découvrons avec beaucoup de joie, une infinité de créateurs venus du continent américain, et qui à travers leurs œuvres, dessins, photographies, céramiques, sculptures…puisent leurs inspirations dans la géométrie et l’art précolombien.

Ces bâtisseurs venant du Mexique, Cuba, Venezuela, Colombie, Équateur, Pérou, Bolivie, Argentine, Chili, Brésil, Uruguay et Paraguay, ils nous montrent avec stylisme leurs créations architecturales, photographiques, textiles et céramiques et contribuent, avec pour fil conducteur, la géométrie propre à chaque culture.

La Fondation Cartier met en valeur la richesse et les couleurs des motifs, les formes et les figures de l’art latino-américain, elle propose un passage obligatoire entre la culture précolombienne et les productions plus modernes et contemporaines.

Ce passage artistique, se traduit d’un chemin d’art abstrait à l’art populaire, de la photographie à la céramique, de l’architecture à la sculpture, en passant par la peinture corporelle des indiens d’Amérique latine.

Les passionnés de l’Amérique latine, adoreront ce préambule de notes colorées et néo-andin de l’architecte bolivien Freddy Mamani, mon premier coup de cœur de l’exposition, cette transformation des façades, différentes des bâtiments monotones de l’altiplano, où il mélange la géométrie de cultures précolombiennes et amérindiennes avec les couleurs inspirées des textiles andins et habits de la culture aymara. Nous retrouvons plus d’une centaine de bâtiments en Bolivie crées par cet artiste hors pair.

Les artistes paraguayens Solano Benitez et Gloria Cabral ont attiré également mon attention, mon deuxième coup de cœur de cette expo, lauréats du Lion d’or de la Biennale d’architecture de Venise en 2016, ils alignent de forme géométrique cette série de modules alignés et répétés à la manière d’un château de cartes, fabriqués avec des matériaux comme le béton et la brique, qu’ils composent spécialement pour la Fondation Cartier.

Nous voyageons vers une découverte graphique toute nouvelle, aussi pigmentée qu’ancestrale, et par la même occasion nous fait découvrir un ensemble de près de 220 œuvres de plus de 70 artistes, toutes riches en diversité géométrique dans un contexte d’héritage de l’art précolombien et amérindien.

L’artiste colombienne Olga de Amaral, nous présente « Brumas », mon troisième coup de cœur, ses sculptures en fil de coton, suspendues de façon théâtrale, laissent entrevoir des figures géométriques dans un mouvement léger de l’air, ce qui rend cette œuvre simple et mystique.

Je ne pourrai détailler l’immensité d’œuvres de cette exposition, étant donné la complicité et la diversité d’artistes, mais ce qui doit rester clair, est la prise de conscience de l’art ancestral à travers le temps et au bénéfice d’une architecture post moderne, avant-gardiste et contemporaine. J’espère que vous aurez pu assister et admirer sur place, cette magnifique expo que nous proposait la Fondation Cartier dans ses locaux du 14èeme arrondissement, bâtiment qui d’ailleurs fût dessiné par le grand architecte Jean Nouvel, cadre unique d’échanges et de rencontres.

S. Cabrejos