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Berlin et ses frères

Certains murs tombent, d’autres s’élèvent. Qu’ils soient faits de pierres ou de symboles, le
principe demeure le même : séparer un peu plus les hommes ou les unir dans les idées les plus obscures. Lorsqu’un mur s’écroule, l’hu- manité attend un effet domino…
Belle utopie que celle de croire  qu’un mur puisse en briser d’autres !Il y a vingt ans, le mur de  Berlin s’écroulait, la RDA disparaissait et l’Allemagne retrouvait son unité. Si le mur de béton  n’est plus qu’une curiosité touristique, le mur des inégalités persiste et dure dans  l’ex-Allemagne de l’Est où le taux de chômage y est deux fois plus élevé qu’à l’Ouest. Le mur  aurait- il laissé des nostalgiques ?

A en croire de récents sondages parus en 2009, 20% des Alle- mands de l’ex-RDA disent regretter les
avantages sociaux et 52 % d’entre eux se sentent citoyens de « seconde zone ». Person- ne, à part quelques farouches
défenseurs de l’ancienne répu- blique satellite de l’URSS, ne souhaite revoir le mur de la honte mais l’on est en droit de regretter les conséquences sociales et économiques de la réunification.

Quand les barrières raciales s’effondrent en Afrique du Sud et que le peuple noir sud-africain retrouve sa dignité, ce sont les barrières symboliques de la méfiance réciproque,  de la pauvreté et de la violence qui prennent le pouvoir. A vouloir construire des murs symboliques ou faits de pierres, les bâtis- seurs de l’obscurantisme plongent un peu plus leurs populations dans une nostalgie malsaine et dans des conséquences catastrophiques pour leur avenir. Les murs existent partout et ne sont pas le propre des régimes totalitaires.

Les Etats-Unis et Israël, ont construit des murs semblables à celui de Berlin. Le premier pour stopper l’immigration clandestine, ressemble à un gigantesque corridor qui sépare le Mexique des Etats-Unis et renforce un peu plus le pauvre dans sa condition. Le second, montre au monde l’obsession sécuritaire d’Israël et son nouveau virage inquiétant au détriment des populations palestiniennes.
Et que penser d’un homme comme Hugo Chavez ?

L’homme fort de Caracas n’est certes pas un Kim Jong-il, mais il se présente comme l’Architecte du mur des ambiguïtés. Tour à tour,  défenseur des opprimés et des oppresseurs comme Mahmoud Ahmadinejad, frère spirituel de Robert Faurisson dans son entreprise de négation de la Shoah et artisan d’une répression terrible que le vénézuélien a appuyé dans un communiqué diplomatique.

Le monde ne manque  pas d’exemples de murs et de sinistres architectes. A l’image du Brésil qui construit des barrières autour des favelas, les murs sont le reflet des envies les plus malsaines, celles d’imposer des pierres au
milieu de la condition des hommes. Les solutions pour éradiquer les barrières res- tent un vaste chantier, faudrait-il encore que les ouvriers ne soient plus les victimes des architectes?

Hadrien Partouche

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