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Aimer l’Amérique du Sud sans s’y rendre est un désir sans sensations. Les rythmes endiablés de la Salsa, les fêtes communautaires, la cuisine seront toujours les  stéréotypes  d’un monde romanesque que certains se plaisent à cultiver.

Si les fantasmes laissent place à la déception, c’est parce qu’ils restent de l’ordre de la superficialité.

C’est en partie pour échapper à ces clichés, mais surtout désireux de connaître un monde qui me fascinait depuis de nombreuses années, qu’un beau jour d’Avril j’ai pris la décision, accompagné de deux valises, de quitter mon pays pour pénétrer au plus profond de l’âme Paraguayenne.

Le Paraguay, petit pays de 6 millions d’habitants, n’était pourtant pas l’objet de mes désirs de voyageur.

Comme n’importe quel européen, j’étais focalisé sur les monuments Incas du Pérou, la beauté des temples Mayas et Aztèques du Mexique ou encore les paysages à en perdre haleine du Brésil, cette terre de métissage.

Mais qu’il  s’agisse des pays ou bien des gens, ce sont ceux dont on parle le moins qui m’intéressent le plus.

Que savais-je du Paraguay avant d’y vivre cinq mois ?

Eh bien, peu de choses ! Quelques prospectus, quelques renseignements volés sur internet entre deux cafés, quelques notions culturelles et sociales recueillis au prés  de quelques amis paraguayens et une bonne dose de photos soigneusement choisies sur des sites de voyages.

A ce moment précis, le Paraguay était l’objet d’un désir sans réalité ni sensations.

Deux escales à Milan et Sao Paulo, quelques mots échangés en Italien, Espagnol et Portugais et me voilà à l’aéroport Silvio Petitrossi d’Asunción.

D’Asunción, je dois me rendre à Ayolas, une petite ville située au sud du pays dans le département de Missiones à une poignée de kilomètres de la frontière avec l’Argentine.

Efrain, un ami de mon contact Pepe Rios, est venu me chercher avec une pancarte « Radio San Roque ».

Je me sens moins seul, même si mes appréhensions se sont au fur et à mesure dissipées à mon arrivée.

Je rentre dans la voiture d’Efrain. En une poignée de secondes nous quittons l’aéroport Silvio Petitrossi.

Nous bavardons quelque peu sur mon voyage et sur ma rencontre avec Pepe, ce journaliste que j’ai eu l’honneur de connaître à RFI et sans qui rien n’aurait été possible.

J’ai du mal à y croire, je suis enfin sur le sol d’Amérique du Sud. Mais les joies laissent place à la réalité. Le Paraguay est une terre de contraste propre aux pays pauvres. Dans les rues d’Asunción, les vendeurs ambulants s’arrêtent à chaque carrefour pour vendre pour une poignée de guaranies (monnaie paraguayenne) des fruits et des objets en tout genre, pendant que d’autres, aux volants des derniers modèles de BMW, s’en vont rejoindre les quartiers aisés de la capitale.

«  Je suppose que ça doit être différent en France ? » me dit Efrain d’un ton ironique.

L’on n’a pas forcément besoin de se rendre au Paraguay pour voir la misère humaine. Elle se trouve parfois au coin d’une rue de Paris, mais les images ne trompent pas et la réalité non plus. Un Paraguayen gagne en moyenne 1 million400000 guaranies (à peine plus de 200 euros par mois) et souvent bien moins. Ajoutons à cela, un système de santé catastrophique et une corruption qui classe le Paraguay parmi les pays les plus corrompus d’Amérique Latine, le décor social et politique est déjà planté.

Mais en ce début d’hiver, qui n’en est pas vraiment un de mon point de vue occidental (27 degrés à mon arrivée !), l’espoir porte désormais un nom : Fernando Lugo. Récemment élu, il porte tout les espoirs d’une société en perte de rêves et de vitesse.

C’est dans ce contexte que je me rends à la gare routière d’Asunción, portant avec moi mes bagages et mes envies de connaître ce petit pays. Je me dirige vers le bus, direction Ayolas, à la rencontre de mon ami Pepe…..

HADRIEN PARTOUCHE.

 

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