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Lundi 10 août 2009, Juliaca, Pérou, 10h30h : je retourne vers La Paz, Bolivie. Yann, que j’avais rencontré chez Audrey lors de ma première venue, est lui aussi de retour. Je dois le rejoindre à son hostal.
Je pars en direction de Puno par le minibus.

11h30 : Puno, plutôt que de prendre les gros bus touristique qui passent par Copacabana, on m’a conseillé de passer par Desalladero, une autre frontière. C’est moins cher et cela va plus vite. Je prends un autre minibus, non pas au terminal terrestre, mais deux rue plus loin.
Sept soles jusqu’à la frontière m’annonce le chauffeur. Le temps que le bus se remplisse et nous partons.

 

14h30 : Desalladero. Où suis-je ? Où est la frontière ? Là je ne vois qu’un bled minuscule et une meute de vélo-taxi qui me saute dessus lorsque je descends du bus. 5 soles jusqu’à la frontière, 5 soles. Je viens de faire trois heures de car pour sept, et, pour je ne sais pas combien de centaines de mètres, on m’en demande 5. Ont-ils vu que j’étais touriste malgré mes deux gros sacs – j’ai acheté l’un de ses gros sacs en plastique quadrillé qu’utilisent les mama – et mes habits abîmés ?
Je négocie à 3 soles et pars avec l’un. Je lui dis juste de ne pas me faire de blague et de bien m’emmener à la frontière, pas dans une petite rue…
On arrive devant la douane. Rentre faire signer ton passeport, je garde tes affaires. Alors j’y vais, tout en gardant un œil sur mon chauffeur. Je ressors, il me fait traverser pour tamponner un autre truc, puis on recommence côté bolivien, et enfin, il me dépose devant un minibus pour La Paz. Finalement, il ne me reste que cinq soles en monnaie alors je lui donne le tout car je n’en ferai plus rien en Bolivie.
14h50 : le minibus est plein, on démarre direction La Paz, Bolivie.
16h30 : après un contrôle des douanes sur la route, nous arrivons au niveau du cimetière.
17h : je suis à l’hostal Cactus où je retrouve Yann. Ça fait plaisir.

Je passerai les quelques jours suivants à peaufiner mon article sur la contamination minière, travailler les photos, faire quelques achats et à sortir. La semaine prochaine, nous avons prévu d’aller faire un trek aussi.

Vendredi 14 août, 20h : je suis à l’Académie Nationale des Beaux arts. C’est l’anniversaire de l’école, un mois de fête… Je suis arrivé avec une amie qui me présente à la prof de photo, Angie, elle s’occupe aussi de l’un des grands clubs photo de La Paz..
23h : je dois y aller mais certains élèves m’ont conseillé de voir si je peux exposer dans la galerie de l’académie. Je m’approche donc d’Angie, et lui demande si c’est possible. On se fixe un rendez-vous pour le lendemain. Parfait.

Samedi 15 août, 13h : je suis place Avaroa, et nous mangeons ensemble. Je lui présente une série de photos concernant les arts : théâtre, danse, concert, carnaval…. Cela lui plait. Il faut organiser une expo avant mon départ, que je puisse être au vernissage… Problème, j’ai le trek avec Yann la semaine prochaine. Pas de soucis, c’est son boulot d’organiser des évènements pareil, elle s’occupe de tout. Par contre, pourrai-je donner un cours ?
Oula.. Euh, oui, pourquoi pas. Mais sur quel thème ? Cours de photo général, de photo numérique, sur la photo de reportage ?
20h : avec Yann, Robinson – rencontré à ma dernière venu sur La Paz – et d’autres, nous allons boire un verre et on passe devant l’un des théâtres de la ville. Demain soir ils jouent une pièce qui à l’air bien. Allons-y.

 

4Dimanche 16 août, 20h : Robinson, Angie et moi sommes devant le théâtre. Où sont les autres ? Probablement encore fatigués de la veille. Nous décidons d’entrer sans eux.
C’est une troupe de l’Alto, la ville au dessus de La Paz, socialement plus basse, et politiquement très engagée. Ici, la pièce traite de l’histoire du pays, des différentes dictatures et de la manière dont les choses ont été aidées par d’autres nations.
Les comédiens sont jeunes, plein de vie, c’est agréable à voir et ça me donne envie de remonter sur scène.

Lundi 17 août : Demain, nous partons en trek. Je passe la journée à courir pour passer les photos à Angie, récupérer mes affaires ici, les déposer là… Je repasse à la colloc couchsurfing.

Impressionnant, c’est rangé, ils ont tout nettoyer, la proprio passe la semaine prochaine m’expliquent-ils, alors, ils ont repeint et viré tout le bordel.
J’appelle Angie, elle a trouvé où exposer. Comme ça, en une journée. Épatant ! C’est dans la salle de réception de l’une des grandes facs. En plus, on proposera le cours de photo pendant trois soirs.

Mardi 18 août, 10h : je viens de finir d’envoyer les mails et articles, et rejoins Yann. On achète les dernières choses nécessaires, et on part. Nos sacs sont lourds, car tout le monde nous a dit qu’il n’y a pas de quoi acheter à manger sur le chemin, donc nous avons trois jours de nourriture et eau avec nous, plus tente, sac de couchage et appareil photo…
14h : une heure pour se rendre au terminal de bus, une heure d’attente avant que le bus ne parte plus une heure de route, et nous voilà arrivés au départ. Enfin presque, car notre bus nous a lâché sur la route, donc maintenant, on doit monter jusqu’au col pour pouvoir redescendre de l’autre côté. Et c’est raide, surtout que l’on ne veut pas trainer, car il est déjà tard, alors on coupe par la plaine.
Tout le monde nous a dit être parti à 11h, mais je croyais que c’était de La Paz, et il semblerait que ce soit d’ici… Où sera-t-on à la nuit tombée ?

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Samedi 22 août, 19h : nous sommes revenus hier du trek. Trois jours de marche intense. J’ai mal aux jambes, aux pieds et le dos en compote, mais c’était bien.
Là, je suis dans La Paz, un artiste a fait une installation. Son idée ? Faire une cascade de cheveux.

Dimanche 23 août : on prépare l’exposition de manière intensive, je n’ai plus trop le temps de tenir mon journal. Nous partons diffuser des tracts. De mardi à jeudi, je donnerai un cours sur le logiciel Photoshop Lightroom qui sert à gérer le flux de travail du photographe : du transfert sur l’ordinateur à l’impression ou l’export sur Internet, en passant évidemment par le traitement des photos.

Mardi 25 août, 19h : le cours va commencer, les élèves arrivent petit à petit…
21h30 : cela s’est très bien passé, et contrairement à ma crainte, le niveau est élevé. Élèves du club photo, photographes professionnels, étudiant aux beaux-arts… Ils sont une quarantaine.

Jeudi 27 août, 9h : ce soir, il y a le vernissage de l’exposition. Est-ce le stress ou une allergie mais ça me gratte le dos.
Je dois récupérer les photos, puis les coller sur les planches. Il me faut aussi faire mon sac et aller acheter mon billet car je prends le car demain en direction de Buenos Aires, Argentine.
14h : j’ai les photos, je commence à coller.

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21h : le cours se termine et le vernissage commence. Il y a les élèves, et les amis sont venus aussi, ceux de la coloc et les deux Français rencontrés, Robinson et Yann, avec qui j’ai passé la plupart de mon temps ici.

C’est ma dernière soirée avant mon retour en France (mardi prochain), il s’agit d’en profiter à fond, alors on sort.
On passe à la colocation chercher les autres. Ça me gratte encore, Robinson regarde mon dos et me dit que j’ai de grosse rougeur. Mince, est-ce le stress ? Une allergie ?

Vendredi 28 août, 5h : on part se coucher.
12h : je monte dans le car qui me conduira jusqu’à la frontière Bolivie-Argentine d’où j’en prendrai un autre bus jusqu’à Buenos Aires. Environ 50h de voyage m’ont dit les autres.

17h : les dernières personnes sont montées, je dois retourner à ma place, la dernière qu’il restait c’est-à-dire le siège du milieu au fond, celui qui ne s’incline pas et qui est plus ferme que les autres… Et en plus, mon voisin m’a appris que la route est en construction, c’est pourquoi ça secoue autant, on passe par le bas-côté…

Encore 12h de bus.

Samedi 29 août, 7h : on est à la frontière. Il me faut trouver un bus pour Buenos Aires à bon prix. Je le prends ici ou de l’autre côté de la frontière ? La deuxième solution serait la meilleure mais je suis énormément chargé. Donc, j’en prends un de ce côté.
8h40 : je rejoins le groupe qui fait la queue à la douane. Nous sommes côté bolivien.
10h : on tamponne mon passeport, direction l’autre côté du pont…la douane argentine.

11h : on vient d’attendre une heure, on ne sait pas pourquoi. On commence à passer pour qu’ils tamponnent nos passeports.
11h45 : c’est à moi. Ils sont deux à s’en occuper. Un troisième rentre et discute avec un des deux douaniers. Il leur faudra 5 minutes pour mettre un coup de tampon sur mon passeport. C’est la pire douane que j’ai passé.

Mais ce n’est pas fini, maintenant, ils vont fouiller le bus et nos affaires.
Que faisons-nous ? On attend de nouveau qu’ils aient fini avec le groupe précédent.
Et pendant qu’ils fouillent notre car, d’autres douaniers ne pourraient-ils pas fouiller nos affaires ? Non. Ils discutent. On attend.

13h : on part. Douane lente et inefficace. Est-ce parce que ce sont les Boliviens qui empruntent ce car ? C’est possible. Toutes les frontières que j’ai passées entre le Chili et l’Argentine, cela s’est fait très vite.

13h30 : un policier nous demande de nous mettre sur le bas-côté. Contrôle des douanes, veuillez descendre du véhicule.
C’est quoi cette blague ? Et nous ne sommes pas un car qu’ils arrêtent au hasard. Non, ils les stoppent tous…Et, ils sont à nouveau quatre pour s’occuper de tout. Encore trente minutes de perdues.
De plus, les méthodes sont bien fantoches. Pas de chien non plus ici, pour savoir si je n’ai pas de drogue, le douanier ouvre mon sac et sent l’intérieur…
Par contre, ils s’aperçoivent que leurs collègues, qui ont passé une heure à tamponner nos passeports, ont oublié de signer deux feuilles… Vraiment, on croirait à une blague.

Nous repartons.

15h : nouveau contrôle ! Et cette fois-ci, ils ajoutent que nous devons attendre les douaniers de la frontière pour qu’ils signent les papiers. Ils sont incompétents et c’est à nous de perdre deux heures de plus. Nous pourrions très bien aller jusqu’à Buenos Aires et les personnes valideraient leurs papiers là-bas, mais les douaniers se feraient probablement sanctionner, alors on attend.

16h30 : on repart.
19h : nouveau contrôle…
21h : nous avons pris trop de retard, les chauffeurs ne peuvent aller jusqu’à Aires, nous attendons le car suivant qui nous emmènera à destination.
Nous aurions pu prendre le car de l’après-midi plutôt que celui du matin. Ce qui signifie que j’aurai pu partir le vendredi en fin d’après-midi…

21h30 : on repart.

Dimanche 30 août, 13h : je profite de la pause repas pour appeler Leo et Anna à qui j’ai envoyé un mail pour savoir s’ils pouvaient m’héberger. C’est chez eux que j’étais en décembre.
Ils m’ont envoyé un mail, que je n’ai pas vu, et m’ont dit oui. Par contre, ce soir, ils sont à un concert et moi j’arrive avec deux énorme sacs et mon petit (enfin…) sac à dos.
Je les rejoins là-bas et on verra.

22h20 : le taxi me dépose devant le lieu. J’entre dans la salle. À l’accueil, ils sont au courant, ils prennent mes sacs et me font entrer. Par chance, nous sommes au fond.

Mardi 1er septembre : j’ai passé deux jours agréables chez eux, sorte de transition entre le plateau andin, avec les « mamas » et vendeuses de rue, et la jungle urbaine de Paris. Buenos Aires est une mégapole mais on y parle espagnol.
17h10 : l’avion décolle.

Mercredi 2 septembre, 11h : nous sommes en France. Je dois récupérer mes affaires, rentrer chez mon père et ce soir, c’est le vernissage de ma première exposition (H) ombres en France.

 

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