0 0
Read Time:7 Minute, 6 Second

Gros plan sur la photographie de Ruben Grande

 ScreenHunter_321 Jul. 25 13.40

Né de père espagnol et de mère française, Ruben Grande a toujours été élevé dans ces deux cultures. Son goût pour l’évasion l’a instinctivement poussé à découvrir d’autres horizons.

 

Ton activité principale est la conception graphique, pourquoi la photographie t’a autant captivé ?

La chaîne graphique est très large comme métier, mon domaine de prédilection est la retouche d’images. La photographie m’a toujours attiré et j’ai voulu pousser un peu plus dans ce domaine, au début dans mes voyages et ensuite j’ai pu l’intégrer dans mon travail à l’agence.

 

Tu découvres le monde à travers ton objectif, quelles furent tes motivations ?

Je suis parti au Népal (camp de base de l’Everest) en 2003 avec un ami et un compact APS, ce fut un voyage magnifique, qui m’a énormément apporté. J’en suis revenu changé! Par contre au niveau de ce que j’avais pris en photo, j’étais très déçu. C’était tellement différent de tout ce que j’avais vécu et ressenti là-bas. L’année suivante j’ai investi dans un bridge numérique et nous sommes allés au Kanchenjunga, toujours au Népal. Et c’est de ce voyage que j’ai fait ma première exposition photographique quelques mois plus tard. Même si je poussais les gens à visiter ce pays, beaucoup n’aurait jamais la possibilité d’y aller. Je ramenais alors pour eux, avec ces images, mon voyage et beaucoup de rêves.

Si on se réfère plus précisément à l’Amérique Latine, le fait de tes racines espagnoles, cette rencontre avec le continent américain hispanique fut-elle plus facile à adopter et assimiler ?

Plus facile du fait de la langue c’est sûr. L’Amérique Latine est très accueillante et lorsque l’on parle la langue il y a encore plus de liens qui se créent. Mais il ne faut pas s’arrêter à la langue. J’ai voyagé beaucoup en Asie et en Australie avant, et l’envie de découvrir et partager avec l’autre était aussi très présente. Je pense d’ailleurs que ce sont des choses très importantes lorsque l’on voyage, mais aussi dans la vie de tous les jours.

Je remarque en regardant ta page web, que la région amazonienne t’a le plus attirée, quels sont tes meilleurs souvenirs ?

C’est vrai que je mets à l’honneur la région amazonienne sur mon site! Je n’en connais qu’une infime partie, mais elle m’a fascinée! Il y a des endroits comme Iquitos qui dégagent une énergie incroyable! Dès que je mets les pieds dans une ville, je sais tout de suite si j’aimerais y vivre ou non! Iquitos en fait partie! Je l’ai tout de suite ressenti! Des moments inoubliables, il y a eu que ça! Il me faudrait un livre entier pour tout vous raconter!

 

ScreenHunter_322 Jul. 25 13.41

Comment la population latino-américaine « voit » tes photos, as-tu un retour de leur part ?

J’ai eu la chance de pouvoir faire des expos sur cette série de photos à Paris mais aussi à Lima. J’ai été très étonné des réactions des gens par rapport aux mêmes photos, car elles sont très différentes entre les parisiens et les liméniens. J’ai aussi pu rencontrer des gens d’Iquitos n’y vivant plus depuis des années. L’une d’elle m’a fait le plus beau compliment que je puisse entendre sur mes photos : «je n’ai jamais réussi à prendre une photo qui rendait ce que je voyais tous les jours quand j’y vivais, et quand je vois tes photos c’est exactement ça! Je m’y retrouve!»

Après ton retour de l’Amérique, tes photographies ont-elles changé en quelque chose ta manière ou ta façon de regarder le monde ?

Il est clair que ma façon de regarder le monde a changé! Je ne pense pas que cela soit seulement dû aux photos que je prends. Le voyage et tout ce qui en découle comme la découverte d’autres cultures et le partage a énormément changé ma façon de voir les choses en général.

A quelles expositions as-tu participé ou organisé ?

Et bien j’ai réalisé une exposition sur le Népal nommée : « Sur les traces du Kanchenjunga » que j’ai pu présenter dans deux lieus à Paris en 2004. Ensuite en 2009 j’ai présenté mon travail sur Iquitos appelé : «Escenas de vida de Iquitos» dans déjà 7 endroits à Paris et à Lima. En parallèle, cette année j’ai réalisé l’exposition «El Carmen» qui est un village péruvien dans la région de Chincha au sud de Lima, connu pour sa musique Afro Péruvienne. Cette dernière exposition a été présentée une première fois en collaboration avec le groupe Chinchivi originaire del Carmen, puis une seconde fois dans un cinéma avec la projection du film documentaire de Jovita Andrade Maeder : «Mémoires d’un Afro-Péruvien», avec un concert de l’association Afro Peru.

 

ScreenHunter_323 Jul. 25 13.42Il y a t-il un message personnel dans tes photos, ou essaies tu de prendre la réalité telle quelle?

J’aime prendre les choses comme elles viennent! Je ne cherche pas à être spectateur et avoir un regarde neutre. Pour moi la photographie est synonyme de partage. Dans le voyage il est important de rencontrer les gens et de parler avec eux et même de faire des choses avec eux. Je me suis retrouvé à faire de la cuisine des plats français ou thaï (oui j’adore cuisiner!), nous avons passé de superbes moments et les gens me forçaient presque à prendre des photos. Un très grand ami à moi, Richard Daï, m’a dit un jour : «Ce que l’on voit n’est pas ce que l’on voit, mais ce que nous sommes!» Je pense donc qu’inconsciemment je dois vouloir montrer dans toutes ces photos que je rapporte ce que je suis.

Penses-tu que l’arrivée du numérique, surtout les logiciels de retouche photo, style photoshop a nui au métier de photographe ?

Il faut vivre avec son temps! La plupart des grands photographes ont évolué avec les avancées technologiques de l’argentique comme les types de pellicules, le flash ou l’autofocus électronique… Pour moi le numérique est une évolution de la photographie. Mais ce qui est important ce n’est pas tant la technique mais ce qu’on en fait! Aujourd’hui faire de la photo ne coûte pas cher, du coup il y a eu un boom au niveau de la créativité dans la photographie! Et les possibilités deviennent pratiquement illimitées! Après je pense qu’il y a une limite à ne pas franchir pour ne pas tomber dans la création graphique qui est un autre domaine où intervient la photo mais qui n’en n’est pas au sens propre du terme.

Penses-tu qu’un photographe, naît photographe ou se fait photographe ?

Chacun naît avec une sensibilité différente, mais tout le monde peut la travailler. La photographie s’apprend, mais ce qui fait toute la différence c’est ce qu’on en fait! La photographie reste un outil, savoir l’utiliser c’est bien, mais pour dire quoi?

Crois-tu que dans le contexte actuel de notre société, le métier de photographe a un avenir ?

Je connais beaucoup de photographes, certains galèrent, d’autres pas du tout! Ceci dit, on aura toujours besoin de photographes. Regardez un match de foot! Il y a toujours autant de photographes sur le bord du terrain qu’avant. Il est juste vrai qu’il y a beaucoup plus de très bons photographes qu’avant! Se démarquer est donc plus difficile, et outre l’aspect artistique de la photo on demande de plus en plus au photographe de faire d’autres choses comme de la retouche photo, de la vidéo voir du web…

ScreenHunter_324 Jul. 25 13.42

Te dejo « le mot de la fin » en español para terminar esta entrevista

Te agradezco mucho por interesarte en mi trabajo, fue un placer compartir estos momentos contigo. Quiero decir a la gente que siga leyendo «Paroles des Amériques», y venir a mis nuevas exposiciones a compartir un buen momento conmigo y mi visión del mundo. Pero sobre todo que se interesan en la gente de su alrededor, porque siempre hay algo que aprender, y a muy a menudo estamos rodeados de personas extraordinarias sin saberlo! Como decía una canción: «Eres tan especial, como cualquiera!» Todos somos especiales, todos tenemos una historia, compártanla!

S. Cabrejos

 

 

 

Happy
Happy
0 %
Sad
Sad
0 %
Excited
Excited
0 %
Sleepy
Sleepy
0 %
Angry
Angry
0 %
Surprise
Surprise
0 %